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samedi, mai 14, 2011

La Syrie part en guerre contre Facebook

Damas accuse le célèbre réseau social de soutenir la "prétendue révolution" hostile au régime et lui reproche de fermer sans raison des pages Facebook qui soutiennent Bachar al-Assad. Occupé à réprimer le soulèvement populaire qui s'oppose au régime de Bachar al-Assad, le pouvoir syrien n’en oublie pas pour autant le front des médias sociaux. Ces derniers jours, Damas a décidé de se lancer à l’attaque de Facebook. Le "crime" du célèbre réseau social ? Avoir fermé, vendredi dernier, la page de l’Armée électronique syrienne qui soutient le président syrien sans en avoir averti ses responsables alors qu'elle comptait plus de 60 000 fans, rapporte mardi la version arabe du site d’information américain CNN.

Quelques heures plus tard, le couperet tombait sur un clone de cette page de propagande pro-Bachar créée par des "sympathisants", selon la formule du quotidien d'État syrien "Al-Thawra".

En début de semaine, le journal a également accusé Facebook de "soutenir la prétendue révolution syrienne". En clair : Damas soupçonne le site de jouer double jeu, rappellant au passage que des pages de l’opposition continuent, elles, leur petit bonhomme de chemin numérique. Si les responsables du réseau social se sont toujours gardés de prendre position lors des récents événements qui ont touché le monde arabe, force est toutefois de constater qu'il a permis aux manifestants égyptiens et tunisiens de s’organiser plus facilement. Reste cependant que Facebook n’a pas coutume de fermer des pages et ne sévit généralement qu'en cas d'infractions flagrantes et répétées contre ses règles. Contacté par FRANCE 24, la société n'a pas souhaité réagir.

Appel au spam
Les administrateurs de la célèbre page Facebook égyptienne "Nous sommes tous des Khaled Saïd", qui s'était notamment illustrée lors du soulèvement contre le régime de l’ex-président Hosni Moubarak, avancent, eux, l'explication suivante à la fermeture de la page de l'Armée électronique syrienne : ils assurent que ses responsables auraient enfreint le code de bonne conduite de Facebook.

"Nous sommes tous des Khaled Saïd" reproduit, ainsi, un message posté sur le "mur" de la page de l’Armée électronique syrienne expliquant à ses membres la marche à suivre pour "spammer" (inonder de messages indésirables) - ce qui est interdit - des groupes Facebook appelant à la révolution en Syrie. Mais des internautes syriens prêtent, eux, à Facebook des motivations plus nobles. Le réseau social aurait réagi aux informations du quotidien britannique "The Telegraph", selon lesquelles, ces derniers jours, des opposants syriens ont été torturés pour livrer leurs codes d’accès à Facebook, expliquent-ils. Autant d’accusations que réfutent Damas. Le quotidien "Al-Thawra" affirme, quant à lui, que "les responsables de la page de l’Armée électronique syrienne s’apprêtent à lancer une offensive dont Facebook se souviendra" pour se venger du prétendu parti pris du réseau social.

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