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mercredi, mars 16, 2011

Accident nucléaire au Japon: le spectre de Tchernobyl plane sur Fukushima

Sombres souvenirs, à l’est de l’Europe. La possible catastrophe nucléaire au Japon rappelle aux Ukrainiens et aux Russes l’explosion dramatique de la centrale de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Selon les experts interrogés par Komsomolkaya Pravda, en Ukraine et en Russie, les deux situations sont loin d’être identiques, même si au fil des jours, des voix discordantes se font entendre sur la dangerosité de l’incident japonais.

«Ce qui se passe actuellement dans la centrale nucléaire de Fukushima n’est pas similaire à ce qui s’est passé à Tchernobyl et les conséquences seront différentes». C’est ce qu’assure le vice directeur du centre national de recherche Kourtchatov en Russie, Iaroslav Chtrombachk. Ce dernier reste convaincu que les Japonais n’auront pas à faire face à un rejet massif d’éléments radioactifs.
«Les doses radioactives ne seront pas dangereuses pour la santé»

Le directeur adjoint de Rosenergoatom (la compagnie nationale atomique russe), Vladimir Asmolov, a lui aussi rappelé que les centrales nucléaires modernes sont bien plus sécurisées qu’à l’époque de la catastrophe de Tchernobyl.

«Elles sont faites pour résister aux tsunamis, aux inondations, aux tornades, à l’écrasement d’un avion ou à un tremblement de terre… Toutes les centrales nucléaires au Japon sont conçus pour résister particulièrement aux tremblements de terre d’une puissance de 9 à 10 sur l’échelle de Richter. Elle peut donc résister à un tremblement de terre de la puissance de celui du 11 mars.»

Le Premier Vice-Directeur de l’Institut de la sûreté nucléaire russe, Rafael Arutyunyan, estime quant à lui qu’un scénario à la Tchernobyl est hors de question. «La situation est exceptionnelle bien sûr mais les doses radioactives qui seront rejetées ne seront pas dangereuses pour la santé.»
La catastrophe serait un coup porté à la crédibilité des centrales

Lundi, le journal relayait la version bien plus pessimiste d’un scientifique suédois. Le diagnostic de Frigis Reich, chercheur à l’école royale supérieure et technique, 27 ans de service à l’inspection d’état de l’énergie nucléaire suédois, est sombre : «L’ampleur de la catastrophe est sous-estimée au Japon. Si nous utilisons l’échelle traditionnelle de 7 points, qui évalue le danger atomique, nous nous trouvons déjà à 7.»

Pour Frigis Reich, qui compare volontiers Tchernobyl et Fukushima, le danger est très grand, et le Japon tente de dissimuler des informations sur l’état réel des choses, car le pays est l’un des plus nucléarisés du monde. La catastrophe, dans ce contexte, serait un coup porté à la crédibilité des centrales nucléaires en général, et japonaises en particulier.

Vladimir Lagowski, rédacteur en chef du département des sciences de Komsomolskaya Pravda s’inquiète également des messages contradictoires lancés par les autorités japonaises, même s’il exclut un rayonnement radioactif de l’ampleur de celui dégagé par Tchernobyl au moment de l’accident: «Le refroidissement de la centrale japonaise a été interrompu brutalement à cause des coupures d’électricité. Grosso modo, c’est comme si une bouilloire restait trop longtemps sur le feu ou sur une plaque électrique. Quelque chose n’a pas fonctionné. Malgré tout, même en cas d’explosion, les centrales japonaises disposent de plusieurs couches de protection, des coques en acier et en béton, de différents sarcophages selon la terminologie de Tchernobyl. Donc oui, il est probable que le rayonnement radioactif s’échappe. Mais s’il était comparable à celui de Tchernobyl, croyez-moi, on s’en serait rendu compte tout de suite.»

L’Ukrainien Ilgiz Iskhakov suit de très près le développement de l’industrie nucléaire dans le monde. Et pour cause, il a participé comme des milliers d’autres jeunes soviétiques à la liquidation de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en 1986. Nombre de ces ‘liquidateurs’ ont depuis perdu la vie, très fortement irradiés. Il livre ses impressions sur la situation nipponne:

«L’accident de Tchernobyl en 1986 a provoqué la ruine immédiate du réacteur numéro 4. En conséquence, des émissions radioactives ont tout de suite été rejetées dans l’atmosphère. Mais aujourd’hui, les centrales peuvent faire face à des explosions puissantes. A Fukushima, l’enveloppe du réacteur n’est pas détruite jusqu’ici. Maintenant, que doivent faire les Japonais? Le gouvernement a, dès la première minute, réagit de manière très professionnelle et cohérente. Mais l’essentiel, c’est d’informer la population de ce qui est en train de se passer. Surtout, ne prenez pas les gens pour des idiots!»

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