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dimanche, juillet 24, 2011

La Norvège sous le choc au lendemain d'un sanglant double attentat

Oslo – Au lendemain du double attentat qui a fait au moins 94 morts en Norvège, les premiers détails de l'équipée meurtrière du suspect commençaient à apparaître samedi. Selon la police, l'homme a reconnu avoir tiré sur un camp des jeunesses travaillistes sur l'île d'Utoya, il a fait feu pendant environ 1h30 avec deux armes et s'est immédiatement rendu à l'arrivée des forces de l'ordre, auxquelles il a fallu 40 minutes pour se rendre sur place après avoir été alertées.

Lors d'une conférence de presse, le chef de la police norvégienne Sveinung Sponheim a également fait savoir que quatre ou cinq personnes étaient toujours portées disparues sur l'île d'Utoya. Il a confirmé que l'explosion qui a d'abord fait sept morts dans le centre d'Oslo était due à une voiture piégée et a indiqué qu'un «dialogue» s'était ouvert avec le suspect, mais que les interrogatoires restaient toutefois difficiles.

La Norvège s'est réveillée samedi en plein cauchemar un "cauchemar" au lendemain du double attentat attribué à un homme qui serait proche de l'extrême droite. Le suspect avait mis en ligne des messages sur des sites liés aux fondamentalistes chrétiens, a fait savoir samedi Roger Andresen de la police d'Oslo devant la presse. L'homme a été inculpé samedi des chefs préliminaires d'actes de terrorisme.

La police n'a pas officiellement identifié le suspect, mais plusieurs médias norvégiens, dont la radio-télévision nationale NRK, l'ont présenté comme Anders Breivik, un Norvégien de 32 ans, et diffusé des photos montrant un jeune homme blond aux yeux bleus. NRK rapporte qu'une perquisition a été menée dans la nuit à son domicile d'Oslo.

Sur NRK, M. Sponheim a précisé que les messages mis en ligne par le tireur présumé témoignaient d'une proximité avec l'extrême droite et d'«opinions anti-musulmanes» même si ses motivations restent à déterminer. D'après une source policière, le suspect semblerait avoir agi seul lors de ces attaques qui n'apparaissent «liées à aucune organisation terroriste internationale». Toutefois, selon l'agence NTB, la police étudiait des témoignages évoquant deux tireurs à Utoya.

D'après une porte-parole de la compagnie Felleskjopet, Oddny Estenstad, le suspect avait acheté six tonnes d'engrais chimiques qui lui ont été livrés le 4 mai dernier. Les engrais chimiques, hautement explosifs, peuvent servir à la fabrication de bombes artisanales. La compagnie a alerté la police après avoir reconnu le suspect présenté dans les médias.

Le roi Harald de Norvège, la reine Sonja et le prince héritier Haakon ont rejoint le Premier ministre Jens Stoltenberg à Sundvollen pour rencontrer les rescapés et les familles des jeunes tués dans le massacre d'Utoya, île située à environ 500 mètres d'une berge du lac Tyrifjorden, à environ 35 km d'Oslo.

La Norvège était sous le choc après cette journée la plus meurtrière de l'histoire du pays en temps de paix, selon le chef du gouvernement. «C'est incompréhensible. C'est un cauchemar. C'est un cauchemar pour ceux qui ont été tués, pour leurs mères et leurs pères, la famille et les amis», a commenté M. Stoltenberg. Le chef du gouvernement a confié qu'il avait passé toutes ses vacances depuis 1974 sur l'île d'Utoya, «le paradis de [son] enfance qui a été transformé hier en enfer».

Samedi, les drapeaux étaient en berne dans la capitale et beaucoup d'habitants sont venus allumer des cierges et déposer des fleurs à la cathédrale d'Oslo. Des militaires patrouillaient dans la ville, une vision inhabituelle dans ce petit pays. De jeunes rescapés évacués vers le village de Sundvollen ont raconté que le suspect, habillé en policier, avait crié aux campeurs de se rassembler et qu'il avait ensuite ouvert le feu, tirant deux fois sur les victimes pour s'assurer qu'elles étaient bien mortes. «J'ai vu plein de morts», disait une jeune fille de 15 ans, Elise, qui a rapporté qu'elle ne se trouvait qu'à quelques pas du tireur lorsqu'il avait ouvert le feu.

Elle a raconté qu'elle se rendait à une réunion d'information dans un bâtiment voisin lorsqu'elle a entendu des coups de feu. Voyant un policier, elle a pensé alors être en sécurité, mais il s'est mis à tirer. «Il a d'abord tiré sur les gens sur l'île. Après, il a commencé a tiré sur les gens dans l'eau». La fusillade s'est produite alors que l'explosion d'un véhicule piégé venait de secouer le centre d'Oslo, la capitale, faisant sept morts et provoquant des dégâts importants dans le quartier des ministères. Mais pour l'heure, la Norvège n'avait pas remonté son niveau d'alerte terroriste, selon le ministre de la Justice Knut Storberget.

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