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mardi, mai 27, 2008

La recherche génétique à labos ouverts

Non, la génétique ne produit pas de gazon fluo, de cochons à six pattes ni de clones humains. Pour nous en convaincre, à chaque printemps, les laboratoires ouvrent leurs portes. Comme à l'Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) de Lausanne. A l'origine de chaque cancer, il y a un ou plusieurs défauts génétiques. Normalement, la cellule est capable de réparer ces défauts. Si elle n'y parvient pas, elle va soit «se suicider», soit «accepter» de vivre avec et commencer à se diviser de manière aberrante, donnant naissance à une tumeur. Mais si elle est génétique au départ, la maladie n'est pas pour autant obligatoirement héréditaire. Ce serait trop simple. On sait que le cancer est souvent déclenché par des facteurs extérieurs, comme la fumée.

Il n'empêche: les gènes jouent un rôle central, puisque c'est d'eux que dépend la division cellulaire. Donc, si on veut agir sur les causes du cancer, il faut comprendre quels sont ces dérèglements et ce qui les provoque. C'est ce à quoi se voue notamment l'ISREC, qui participe depuis le début à ces Journées de la recherche en génétique. Dès 2009, l'Institut prendra ses quartiers sur le campus de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), à laquelle il est désormais intégré. Mais cette année, les visites auront encore lieu dans les locaux d'Epalinges (au nord de la ville) qui l'ont vu grandir depuis 1972.

Tout passe par les gènes
Les personnes intéressées pourront y faire connaissance avec les artisans de la recherche fondamentale (compréhension des mécanismes du cancer) et de la recherche dite translationnelle, qui indique les voies pour le développement de nouvelles approches cliniques et de nouveaux médicaments. Ceux-ci peuvent agir directement sur les gènes, mais également sur ce que l'on nomme les «voies de signalisation cellulaire». Les cellules recourent en effet à des moyens de communication complexes entre protéines pour enclencher et maintenir les fonctions qui en font des organismes vivants. Et les voies par lesquelles circulent ces informations forment un réseau très complexe. Ainsi, toute perturbation de ce réseau, notamment celles résultant d'une mutation génétique, est susceptible de donner naissance à une tumeur. Les nouveaux médicaments peuvent donc aussi agir sur ce réseau, mais dans tous les cas, il est nécessaire de comprendre au préalable ce qui le dérègle. Et le plus souvent, c'est le dysfonctionnement d'un gène.

Prise de conscience
Aujourd'hui, plus personne ne remettrait sérieusement en question tout ce que la génétique a apporté et apportera encore à la recherche contre nombre de maladies, dont le cancer. L'exemple le plus souvent cité est le Glivec, premier médicament d'une nouvelle génération, qui bloque la prolifération des cellules cancéreuses d'une forme de leucémie. Un beau succès, mais obtenu contre un cancer que le professeur Michel Aguet, directeur de l'ISREC, qualifie de «génétiquement très simple». Autant dire que la route est encore longue pour arriver à tenir la maladie en respect, à défaut de la vaincre totalement. C'est pour expliquer ce type d'enjeux que les scientifiques organisent depuis dix ans les Journées de la recherche en génétique. Ont-ils réussi à faire passer le message? «C'est très difficile à dire sans avoir de sondages comparatifs année après année», répond Dietrich Reinhard, adjoint au doyen de la Faculté des sciences de la vie de l'EPFL. Qui note avec satisfaction que les questions liées à la génétique sont de plus en plus présentes sur la place publique. «Quand on rencontre les gens dans le cadre des Journées, on est frappé par leur intérêt. Mais évidemment, ce sont les gens qui ont fait l'effort de venir, qui s'arrêtent près d'un stand... Que pensent tous ceux qui ne s'arrêtent pas, qui ne viennent jamais visiter les laboratoires? ça, je ne le sais pas», admet le scientifique. «Mais je pense quand même que peu à peu, la compréhension des enjeux de la génétique fait son chemin dans la tête des gens. Je l'espère en tous cas», conclut Dietrich Reinhard.

Votre ADN dans un tube
Et pour aider à cette prise de conscience, les organisateurs des Journées se font fort de démontrer que la génétique peut aussi être amusante et interactive. Sur la Place de la Louve, au cœur de Lausanne, l'EPFL, l'Université et son Centre hospitalier (CHUV) proposent ainsi «Quand j'entends gènes, je pense...», une exposition qui se propose de faire comprendre à chacun ce que ses gènes font pour lui et pour sa santé. Ceci notamment en regardant ses propres cellules au microscope et en prélevant un échantillon de son propre ADN, que l'on pourra emporter dans un tube. Et ce n'est qu'un exemple, tiré d'un catalogue d'une soixantaine de manifestations dans tout le pays. Demandez le programme.

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