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mardi, juin 26, 2007

28 millions d'Américains sans banque...

Au pays du capitalisme triomphant, un foyer sur douze n'a pas de compte en banque. Par méfiance, pour cause de barrières culturelles ou linguistiques, par crainte de ne plus rien avoir une fois les factures payées, quelque 28 millions d'Américains ont choisi de vivre sans lien avec une institution financière. Souvent, ces "sans-banque" appartiennent aux minorités ethniques (Noirs, Hispaniques), aux catégories les plus modestes ou aux classes d'âge des jeunes adultes, parfois les trois en même temps, selon une étude de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. Dans les foyers les plus pauvres, la proportion des "sans-banque" est encore plus forte. Ainsi, près d'un quart des familles gagnant moins de 18 900 dollars par an n'ont pas ou plus de liens avec une établissement financier traditionnel, d'après ce rapport basé sur des données 2004.

Pourtant, vivre sans carnet de chèques peut s'avérer coûteux et risqué. Les 8,7% de familles américaines ne possédant pas de compte bancaire (soit une sur douze) doivent parfois payer des frais élevés pour encaisser des chèques en liquide, régler leurs factures ou répondre à leurs autres besoins financiers. Et puis, conserver chez soi, cachées sous un matelas ou ailleurs, de grandes quantités d'argent liquide peut tenter les cambrioleurs de toutes sortes. Mais, rien n'y fait. Après avoir régulièrement diminué durant les années 90, le nombre d'Américains vivant sans chéquier s'est stabilisé depuis le début des années 2000, souligne la Fed. Raison la plus souvent invoquée pour justifier ce choix: ces personnes estiment ne pas faire suffisamment de chèques dans leur vie quotidienne pour que le recours à une banque en vaille la peine. Beaucoup d'entre elles avouent également ne pas aimer avoir à faire à ces établissements. On trouve aussi, évidemment, un grand nombre de "sans-banque" parmi les immigrés arrivés de façon irrégulière sur le sol américain. Peur que les autorités retrouvent leur trace ou, tout simplement, impossibilité de présenter à la banque une pièce d'identité telle que passeport ou permis de conduire. Carlos Maren, cuisinier de 25 ans né au Mexique, vit aux États-Unis mais n'a pas ouvert de compte dans une banque américaine par crainte de devoir payer des frais pour cause de dépôt insuffisant ou en cas de découvert. "Mon oncle dit que ça revient cher (d'avoir un compte) parce que, si on n'a pas d'argent dessus, la banque vous fait payer des frais", explique le jeune homme.

Du coup, Carlos effectue ses transactions financières dans un organisme d'encaissement de chèques à Washington, la capitale fédérale. Il trouve cela pratique et dit qu'il aime savoir par avance combien il lui en coûtera d'encaisser un chèque en liquide, de passer des commandes d'argent liquide ou d'effectuer des virements vers son Mexique natal. "Ca ne revient pas si cher", assure le jeune homme, qui a toutefois gardé un compte en banque dans son pays d'origine. Pourtant, à force, ces frais s'ajoutent les uns aux autres et peuvent finir par coûter cher. Ainsi, l'association de consommateurs Consumer Federation of America a réalisé une enquête montrant qu'en 2006 ces organismes facturaient en moyenne 24,45 dollars pour payer en liquide un chèque du Trésor public d'un montant de 1.002 dollars. Un ouvrier paie en moyenne des frais de 19,66 dollars pour encaisser chaque semaine un chèque de 478,41 dollars. Inversement, détenir un compte en banque peut aussi s'avérer coûteux quand il n'est pas géré sagement. Ainsi, ceux qui ne suivent pas régulièrement le solde de leur compte peuvent être amenés à payer des agios importants -de l'ordre de 20 à 35 dollars à chaque fois- en cas de chèques sans provision ou de découverts bancaires. Ceux qui ont choisi de se passer de chéquier acceptent aussi de vivre dans la peur de se faire voler l'argent liquide qu'ils cachent chez eux. C'est le cas de Rosa Alvarez, une aide-pâtissière de 54 ans, qui dissimule son argent dans des livres à son domicile du Texas. "Quand j'ai besoin de faire un plein d'essence, j'en prends un peu. Quand je vais faire des courses, j'en prends un peu", raconte-t-elle. "Mais, parfois, j'ai peur que ma maison brûle et que mon argent parte lui aussi en fumée"...

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