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lundi, juin 06, 2011

Trois députés claquent la porte du PQ

Lisette Lapointe, Louise Beaudoin et Pierre Curzi claquent la porte du Parti québécois. Ils siégeront dorénavant comme députés indépendants. «La goutte qui a fait déborder le vase», c'est l'appui inconditionnel du PQ au projet de loi 204 qui vise à blinder l'entente entre la Ville de Québec et Quebecor sur la gestion du futur amphithéâtre, a expliqué Lisette Lapointe en conférence de presse.

Mais c'est loin d'être la seule raison de leur départ. Ils ont attaqué l'attitude de leur chef Pauline Marois et de son entourage. «Le Parti québécois que je quitte, c'est celui de l'autorité outrancière d'une direction obsédée par le pouvoir. L'atmosphère est devenue irrespirable», a lancé Mme Lapointe, l'épouse de Jacques Parizeau. L'ancien premier ministre était présent au parlement ce matin.

La députée de Crémazie dit également avoir «la pénible impression que nous nous éloignons de la souveraineté et même du pouvoir, qui paraissait si proche». Elle a reproché à la direction du parti d'avoir fermé la porte à sa proposition d'amendement à l'article 1 pour rendre plus claire la démarche souverainiste lors du congrès d'avril.

Pour Louise Beaudoin, «l'élément déclencheur» de son départ tient «au fond et à la forme» du projet de loi 204. Pauline Marois a pris seule la décision d'appuyer la démarche du maire Régis Labeaume, sans aucune consultation préalable du caucus. Elle a imposé la ligne de parti, a-t-elle déploré.«La cause plus profonde de ma démission concerne une certaine façon de faire de la politique», a-t-elle ajouté, déplorant la rigidité de la ligne de parti. Elle dit retrouver une «liberté de parole totale».

Elle trouve inconcevable de blinder une entente de principe et, du même coup, d'empêcher les contestations judiciaires contre tous les contrats futurs qui en découleront et «qui ne sont pas encore rédigés». «Ça n'a pas de bon sens. Ce doit être la fille de juge en moi qui se rebiffe», a-t-elle lancé.Pierre Curzi juge inacceptable de «priver les citoyens du droit d'exercer leur responsabilité civique et juridique». «Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint», a-t-il dit. Il a souligné que l'appui du PQ au projet du maire Labeaume a été donné pour des «raisons électorales».Il a reconnu que leur sortie, «c'est sûr, va porter un coup au Parti québécois, on en est conscient».

Selon leurs explications, Pauline Marois tenait à imposer la ligne de parti pour que les députés votent en faveur du projet de loi 204. «Il fallait se soumettre ou se démettre», a dit Mme Beaudoin.Mais ce matin, à 10h15, la chef a tendu une perche aux trois dissidents. Elle aurait ouvert la porte à l'idée de leur permettre de s'abstenir ou de voter contre le projet de loi. C'était une proposition «trop tardive. Nous n'avons pas donné suite», a noté M. Curzi.

Cette sortie ébranle le leadership de Pauline Marois, elle qui, au congrès d'avril dernier, avait été plébiscitée par 93% des délégués, un appui record au PQ. «Il y a eu un durcissement» de l'attitude de la chef au lendemain de ce congrès, a souligné Pierre Curzi.«Je ne souhaite pas le départ de Pauline Marois, mais la transformation du parti», a dit de son côté Louise Beaudoin. Lisette Lapointe a surtout montré du doigt les décideurs du parti et l'entourage de la chef, sa directrice de cabinet Nicole Stafford en particulier.Les dissidents n'ont pas exclu de revenir un jour au PQ, notant qu'«il n'y a jamais rien d'impossible».

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