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vendredi, mars 19, 2010

Les Noirs dans l'oeil de la police

Dans l'imaginaire du policier montréalais, le jeune Noir est louche, suspect. Exagération? Les statistiques confirment l'existence de ce climat de «sur-surveillance» qui carbure à la peur.

Selon la plus récente étude du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS), qui sera rendue publique ce matin, les jeunes Noirs couraient 4,2 fois plus de risques que les jeunes Blancs d'être interpellés par la police de Montréal en 2006-07. Dans les quartiers où la population noire est peu présente, comme Outremont, Hochelaga-Maisonneuve ou le Plateau Mont-Royal, c'est encore pire. Un jeune Noir y court sept à onze fois plus de risques qu'un jeune Blanc d'être abordé par les forces de l'ordre.

Pour la plupart des infractions, la surreprésentation des jeunes Noirs dans le système de justice serait «directement tributaire d'une surveillance accrue de la part des policiers et des agents de sécurité dans l'espace public», tranche cette l'étude dont Le Devoir a obtenu copie.

Les chercheurs, Christopher McAll et Léonel Bernard, passent en revue les dossiers de la Chambre de jeunesse de Montréal pour l'année 2001 afin de comparer le traitement réservé aux délinquants noirs et blancs pour des infractions similaires.

Peu importe la nature des crimes dont il est question, les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ou les agents de sécurité étaient plus enclins à observer et sanctionner les gestes de délinquance commis par les jeunes Noirs.

Les auteurs vont même jusqu'à parler d'une «sur-surveillance», un phénomène qui ressort nettement dans le cas de la consommation et du trafic de drogue.

En effet, un jeune Noir court sept fois plus de risques qu'un jeune Blanc d'être observé et arrêté par la police après avoir fumé de la marijuana ou avoir vendu des stupéfiants dans l'espace public.

«Ce qui surprend, c'est que, dans la majorité des arrestations de jeunes Noirs sous ce chef d'accusation dans notre échantillon, l'arrestation fait suite à un comportement observé par un policier ou un agent de sécurité dans l'espace public», précisent les auteurs.

S'il y a plus de jeunes Noirs accusés de consommation ou de trafic de drogue, ce n'est pas parce qu'ils ont la «fibre» délinquante plus développée que leurs pairs. C'est plutôt parce que la police ne les lâche pas des yeux.

Pour les vols et les bris de condition, c'est le même constat: les risques sont plus élevés pour les jeunes Noirs que pour les jeunes Blancs d'être pris en flagrant délit.

«Ces données convergent vers la conclusion que les jeunes identifiés par les policiers comme "Noirs" sont davantage surveillés par eux et par les agents de sécurité que les jeunes identifiés comme "Blancs"», affirme l'étude du CREMIS, intitulée «La mauvaise conseillère».

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