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dimanche, janvier 08, 2012

Environ 500 personnes ont manifesté pour la défense du français devant le Centre Bell

Yvan Cournoyer, une ancienne grande vedette du Canadien de Montréal, s'explique mal tout le tollé que la nomination d'un entraîneur unilingue anglophone suscite au Québec. Environ 500 personnes se sont d'ailleurs présentées devant le Centre Bell en soirée dans l'intention de demander au club de hockey de se franciser. Le Mouvement Montréal français (MQF) a distribué des drapeaux du Québec aux amateurs, les invitant à les agiter pendant le match, afin de manifester leur indignation. «Il faut démontrer au club Les Canadiens qu'il bénéficie d'un appui important des Québécois, dont il devrait tenir compte», selon le communiqué du MQF. Pour le président du MQF, Mario Beaulieu, « l'annonce d'un nouvel entraîneur unilingue anglophone a eu l'effet de la goutte d'eau qui fait déborder le vase de l'anglicisation du fonctionnement du club de hockey Les Canadiens de Montréal.» Il dénonce aussi la musique d'ambiance diffusée au Centre Bell, qui est selon lui uniquement en anglais.

Cournoyer conteste
«J'aimerais que les gens se calment, a lancé Cournoyer, aujourd'hui. Donnez donc une chance au gars. Ça ne fait même pas un an qu'il est arrivé à Montréal, et on voudrait qu'il parle le français. Ça ne fait pas de sens.» Cournoyer a fait cette déclaration dans le cadre de l'arrêt au Centre Bell de la caravane du chandail du héros de la Série du siècle de 1972, Paul Henderson. Cournoyer et Henderson étaient accompagnés du légendaire gardien de l'Union soviétique, Vladislav Tretiak.

Cournoyer, un rapide patineur qu'on surnommait le «Road Runner» à l'époque, a dit souhaiter que la manifestion organisée par le Mouvement Montréal français ne vienne pas déconcentrer les joueurs du Canadien, avant leur match important contre le Lightning de Tampa Bay. Pour lui, l'engagement sur une base intérimaire de Randy Cunneyworth à la place de Jacques Martin ne pose pas de problème. «Personnellement, a-t-il déclaré, j'ai toujours trouvé que le sport et la politique n'allaient pas ensemble.»

Série marquante
La Série du siècle a marqué l'imaginaire d'une génération d'amateurs de hockey au Canada. L'engouement ne se dément pas près de 40 ans plus tard, comme on a pu le constater aujourd'hui. «Je n'en reviens pas, c'est incroyable!, a lancé Cournoyer, au travers de la cohue. Je disais à Paul tantôt que c'est comme ça depuis 40 ans. Tout le monde se rappelle ce qu'il faisait quand nous avons gagné le huitième match de la série. Des jeunes qui étaient trop petits pour s'en rappeler ou qui n'étaient même pas nés nous demandent des autographes ou d'être pris en photos avec eux.»

L'auteur du but victorieux a vu sa vie changer à jamais.
«Ç'a été l'exploit de ma carrière de 18 ans, a affirmé Henderson. Depuis 40 ans, il se passe rarement une journée sans qu'on m'en parle. On associera à jamais mon nom au triomphe du Canada. Je ne me lasse pas de rencontrer les amateurs pour partager ce moment.» L'événement a également marqué au fer rouge tous les membres de l'équipe soviétique, principalement Tretiak, qui a été victime du but de Henderson. «Je ne suis pas surpris de voir autant de gens se déplacer pour venir nous rencontrer parce que c'était du grand hockey à l'époque, a souligné Tretiak. Et je vous prédis que les gens vont encore parler de la Série du siècle dans 200 ou 300 ans.»

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