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mardi, octobre 23, 2007

Le Canada est trop riche pour ne pas s'occuper de ses pauvres, dit l'ONU

Dans un pays riche comme le Canada, il est grand temps que le gouvernement canadien investisse massivement dans le logement pour mettre un terme à la crise qui perdure, recommande le rapporteur spécial des Nations unies sur cette question, Miloon Kothari, au terme de sa mission d’observation. En conférence de presse, hier, M. Kothari a dressé un sombre portrait de la réalité canadienne, n'hésitant pas à critiquer sévèrement le gouvernement fédéral pour les compressions budgétaires dans ce domaine au cours des 20 dernières années. Le rapporteur spécial de l'ONU sur le logement convenable a rappelé que, si le Canada a ratifié de multiples traités internationaux reconnaissant le droit au logement, il reste beaucoup à faire pour que le gouvernement puisse affirmer qu'il respecte sa parole.

«Le Canada est un des pays les plus riches de la planète, ce qui fait que l'existence de cette crise est encore plus frappante», a déclaré Miloon Kothari, bien au fait des surplus budgétaires engrangés par le fédéral au cours des dernières années. «Le Canada était reconnu mondialement pour ses politiques et programmes de logement avant-gardistes. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Il y a eu une importante érosion des droits au logement au cours des deux dernières décennies», a-t-il ajouté, notant que la «crise» a des «impacts dévastateurs» sur la vie de milliers de femmes, hommes et enfants. En ce sens, il souhaite que l'engagement du gouvernement conservateur dans son discours du Trône génère les programmes et l'argent nécessaires. Le gouvernement «aidera ceux qui cherchent à briser le cycle de l'itinérance et de la pauvreté», peut-on lire dans ce discours du Trône. La mission d'observation a mené le rapporteur spécial dans plusieurs provinces et territoires au cours des deux dernières semaines, où il a rencontré divers intervenants dont des groupes de défenses des sans-abri, des groupes de femmes et des représentants des Premières Nations. Si des programmes municipaux, provinciaux et fédéraux existent, tous constatent qu'ils sont loin de répondre à la demande. «Partout, on m'a fait état du même problème. Ce n'est pas suffisant», a résumé M. Kothari, qui émet une série de recommandations préliminaires qui s'attardent surtout au rôle que le gouvernement fédéral doit jouer dans le domaine.

Ainsi, il invite entre autres Ottawa à développer et à financer une stratégie pancanadienne du logement; à financer la construction de logements sociaux d'un bout à l'autre du pays; à appuyer les groupes de défense des sans-abri et des mal logés; et à s'attaquer au problème du logement chez les Premières Nations. Dans une déclaration écrite, le ministre responsable du logement, Monte Solberg, a tenu à faire observer que le budget 2006 avait prévu du financement dans ce domaine. «Nous respectons notre engagement d'aider les Canadiens à avoir accès à un logement abordable et sécuritaire en faisant des investissements directs pour aider les gens à reprendre leur vie en main», a déclaré le ministre des Ressources humaines et du Développement social, dans un courriel. Les provinces et les municipalités ont aussi un rôle à jouer, a souligné M. Kothari, qui les incite à faire une place au logement social dans le développement urbain et à tenter de limiter les hausses des loyers.

Il donne l'exemple de Montréal, où le nombre de sans-abri ne cesse de croître et où l'embourgeoisement de certains quartiers pousse les plus pauvres hors de leur logis. «Il y a des questions à poser sur l'aménagement urbain», a fait valoir le rapporteur spécial de l'ONU, qui plaide en faveur de politiques de logement basées sur les besoins des personnes plutôt que sur des conceptions mercantiles. Présent à la conférence de presse, François Saillant, du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), s'est dit satisfait des constats de M. Kothari. «Il a très bien compris l'absence du gouvernement fédéral [...] qui a contribué à la crise qu'on connaît actuellement», a noté M. Saillant, qui estime que le retrait du financement fédéral au cours des années a privé le Québec de 50 000 logements sociaux supplémentaires. «Que quelqu'un des Nations unies vienne nous dire qu'il est perturbé, choqué, par les conditions de logement et le problème d'itinérance, particulièrement chez les autochtones, ça devrait à tout le moins nous perturber. On est un pays riche, qui a les pleins moyens de respecter les droits et on ne le fait pas», a poursuivi M. Saillant.

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1 Comments:

Blogger regissierra said...

bah c'est marrant, c'est pareil en France ! En ce moment (comme souvent lorsque l'hiver s'approche) à la télé ils n'arrêtent pas d'en parler de ses problèmes de logements.

11/02/2007 5:00 p.m.  

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